1er août / Dirt / Résidence de tournage

Dirt, de Burning Salt. Un clip réalisé par Florence Pierre et Gordon Spooner.

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Gordon Spooner au sujet du projet :

 » Dirt, c’est un projet presque entièrement parti de relations sur Instagram.

Il y a 2 ou 3 mois, Hannah Hull, la chanteuse de Burning Salt m’a contacté via Instagram pour me dire qu’elle adorait mon travail photographique, et qu’elle aimerait me proposer une collaboration. Je pensais que l’idée sera plutôt de faire des photos avec elle en Angleterre, mais, début juillet, elle m’a envoyé une chanson, pas encore terminée, en me demandant si je pourrais tourner le clip…

La chanson parle de Holloway, dans le nord de Londres. La plus grande prison pour femmes en Europe, fermée en 2016. Plus précisément, à l’intérieur de la prison, on proposait à certaines prisonnières de suivre une formation, pour être habilitée à appartenir à une équipe de nettoyeuses. La fonction des ces équipes était d’intervenir quand d’autres prisonnières se rebellaient par des « protestations sales ».

Les « protestations sales », (‘Dirty Protests’ en anglais) ont commencé en l’Irlande du Nord. Les détenus refusent toute forme d’hygiène. Elles refusent de se laver, tapissent les murs et le sol de leur cellule des restes de repas et d’excréments.

En contre partie, elles avaient le droit à un salaire et de porter une combinaison blanche. Elles avaient un statut.

L’argent qu’elles gagnaient, elles l’utilisaient pour acheter quelques petits luxes.

Mais surtout, des produits de beauté.

J’en ai parlé avec ma co-réalistrice, Florence Pierre, qui a toute de suite reconnu que le sujet était plus grand que l’histoire de ces prisonnières. Parce que cette idée, c’est aussi une réflexion sur la vie de beaucoup de femmes.

Nous avons décidé très vite de contacter Louise (un autre contact Instagram que j’avais déjà photographié) qui se trouve dans un fin équilibre entre la comédienne et la danseuse.

L’idée de tourner à La Générale est venue toute de suite après. Le décor est lumineux, aéré, il a du vécu.

On voulait suggérer une prison, suggérer la saleté, sans jamais tomber dans la description, le premier degré…

La femme qu’on filme accumule toute la saleté qui l’entoure, collée au sol, elle devient une éponge, un torchon. Elle arrive à reprendre le dessus, à se nettoyer, à s’habiller avec des vêtements propres. Mais elle ne se débarrassera pas totalement de sa fonction. C’est un statut à double tranchant…..

Je tiens à remercier tout le staff de La Générale, qui nous a permis de tourner !  »

Photos / Jair Lanes