Protocole d’évaluation

L’idée d’une production locale, agricole, biologique et respectueuse de la nature est un formidable enjeu. Reste à démontrer que les cultures sur les toits peuvent produire des aliments comestibles.

Pour cela nous nous appuyons sur les objectifs cités précédemment :

  • –  la qualité et la mesure des dispositifs installés pour l’eau et la terre, vers un label « bio-urbain »
  • –  l’expérimentation sociale
  • –  la mise en place de synergies entre le bâtiment et un jardin sur le toit

La qualité et la mesure des dispositifs instaLLés pour L’eau et La terre, vers un LabeL « bio-urbain »

Le cycle de l’eauL’objet de ce volet a plusieurs degrés d’intention. Premièrement il nous semble utile de donner les arguments mesurables face à la croyance populaire qui veut que des légumes qui poussent à Paris soient forcément affectés par la pollution. C’est un aspect communicationnel qui ne peut être ignoré dans le cadre de cet appel à projet.L’expérimentation s’appuiera sur le réseau de détoxification des eaux pluviales. L’objet de l’expérimentation cherchera à mettre en évidence les temps nécessaires pour obtenir une eau « propre » suite à un pas- sage plus ou moins long dans le circuit hydrique contenant des micro- algues diatomées.

Une première évaluation ciblera sur un passage dans le circuit de 10 à 20 jours. Une analyse en toxicité sera réalisée sur l’eau de pluie après ruissellement comme indicateur. Une deuxième analyse sera réalisée après un passage de 10 jours dans le circuit de micro-algues, puis après 20 jours pour quantifier et comparer les nitrates et les métaux lourds consommés. Ces différents prélèvements permettront de déterminer le temps nécessaire pour obtenir une eau dépolluée avec une concentration donnée et la possibilité d’en faire usage pour les cultures.

Au cours du processus expérimental, d’autres prélèvements seront effectués pour assurer un suivi sur la qualité de l’eau et la concentration en métaux lourds. La variation de la concentration en micro algues pourra être expérimentée pour tenter d’accélérer le processus de détoxification.
En parallèle, une partie des cultures sera exposée directement à l’eau de pluie. L’analyse des produits comestibles permettra de porter une évaluation sur les types de cultures mises en place.

Le cycle de la terre

L’expérimentation s’appuiera sur l’évaluation des quantités produites (kg/unité modulaire) en fonction des supports, des substrats, des confi-gurations, et des valorisations possibles. Elle tentera de valoriser la qualité d’une production hors-sol à la hauteur des productions possédant le label « bio « classique. Il y aura donc dans un premier temps, un relevé et une sélection des éléments du compost.

Méthode de sélection des espèces cultivées

L’objectif des CITU (cultures intégrées sur toitures urbaines) est de mélanger les espèces potagères, fruitières, aromatiques et les champignons suivant trois approches : respecter les principes de l’agroécologie et optimiser la création de biodiversité, répondre au mieux à la demande des bénéficiaires (facteurs culturels, sanitaires, économiques, etc.). L’objectif est de réunir entre 40 et 50 espèces comestibles par toit, en favorisant dans la mesure du possible les variétés anciennes ou difficile- ment accessibles dans le commerce classique.

La sélection se basera sur la demande des consommateurs férus d’agriculture urbaine, et les suggestions et recherches d’Ivanne et Sidonie pour leur cuisine.
Les « légumes vedettes » les plus cultivés en jardins associatifs pour l’autoconsommation des familles sont : salade, tomate, haricot vert, puis courgette, blette, fraise. Ils sont choisis car ils se consomment très frais, sont reconnus pour leur qualité gustative, « meilleurs que ceux du commerce » et sont rentables économiquement, car chers dans le commerce (Anne-Cécile Daniel, La fonction alimentaire des jardins associatifs urbains, février 2013). Les petits fruits (fraises, framboises, myrtilles, etc.) sont non seulement très chers sur le marché mais également absents des paniers proposés par les AMAP, leur production ne viendrait donc pas concurrencer l’offre existante mais bien la compléter.

Optimisation du système de production agro-écologique

Un protocole expérimental sera mis en place tout au long du projet afin d’optimiser le choix des espèces selon trois approches : optimiser les itinéraires culturaux et les associations d’espèces, minimiser la biodisponibilité des polluants dans les produits et faciliter la prise en main par des jardiniers non professionnels.

Les cultures seront implantées en fonction du degré d’ensoleillement de la toiture. Par ailleurs, certains bacs seront exposés aux pluies afin de pouvoir diversifier l’évaluation des degrés de toxicité dans les substrats et les plantations.

Le protocole suivi comprendra des observations et comptages/pesées en cours de culture sur des modules dédiés, avec répétitions, des mesures de rendement, de dynamique des éléments minéraux et de l’eau consommés, des observations et mesures de la micro et macrofaune du sol ainsi que des mesures de polluants (métaux lourds, HAP) dans les substrats et dans les produits.

Pour mesurer ces critères d’évaluation, nous nous appuierons sur l’équipe de TECOMAH en proposant un diagnostic, une offre technique et un protocole d’expérimentation sur la culture maraîchère en milieu urbain (type de substrat, alimentation en eau, conduite de culture) au lance- ment du projet. Ce protocole est donc présenté ici dans sa première version. Si nous étions retenus nous formerions tout d’abord ce protocole consolidé dans une seconde version totalement collégiale.

L’expérimentation sociale

Inscrit dans une démarche collaborative, il sera nécessaire de communiquer sur le projet tout au long de l’expérimentation pour mobiliser tous les acteurs du projet. La communication sur le projet pourra se faire par le biais des nouvelles technologies de communication. Dès l’initiation du projet, un blog sera mis en place. Il permettra d’informer et de mobiliser les forces vives nécessaires au développement du projet. Ce blog hébergera une vidéo en temps réel, dont le dispositif filmera la mise en place et l’évolution des cultures sur le toit. En parallèle, des vidéos seront réalisées comme un journal de bord aux moments-clé du processus expérimental, et sur la base d’interview. Des rencontres permettront de tenir informés les habitants et d’échanger sur l’avancement du projet. L’ensemble de ce dispositif sera relayé par des évènements/actions organisés par la Générale pour croiser production artistique et culture (concerts, expositions, etc.). Ces évènements permettront de présenter aux habitants l’ensemble des intervenants du projet et seront un moment de transmission des compétences. Nous sommes notamment en attente d’une réponse des étudiants de l’École Boulle pour concevoir le mobilier comme les bacs, transats pour le toit, arrosoirs, et la structure à tuyaux.

Mise en place de synergies entre le bâtiment et le jardin sur le toit

La mise en place des cultures sur le toit implique la création d’une structure gonflable. Cette structure répond au besoin de recueillement des eaux pluviales. Elle joue un rôle fondamental pour la protection des cultures sur une partie du toit, qui permettra à terme d’évaluer justement les variations de qualité de production en fonction du contact ou non avec les pluies chargées notamment en métaux lourds. Mais cette installation est aussi une expérimentation d’une structure légère pouvant être reproduite sur l’ensemble des toits parisiens. C’est pourquoi le processus d’installation de cette structure fera l’objet d’un protocole écrit et dessiné à chaque phase de son avancement.
Elle permettra de :
–  dégager des conclusions sur la consommation d’énergie électrique nécessaire pour la mise sous pression constante de la structure,
–  de définir un protocole d’évaluation pour son installation,
–  de porter des préconisations pour un usage sur des typologies de toits parisiens (toitures haussmanniennes, toits inclinés,…etc.), notamment en termes de rafraichissement et de cycle de l’air.

Ces évaluations feront l’objet d’un rapport au gestionnaire du lieu d’expérimentation et au Paris Région Lab.

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