Samedi 10 mars / Féminisme / Conférence et ateliers

Le samedi 10 mars, le Réseau Classe/Genre/Race organise à La Générale, une journée féministe fondatrice, qui s’inscrit dans le prolongement des luttes de libération.

– De 9h à 20h
– Entrée libre sur inscription ici : https://www.weezevent.com/feminisme

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TEXTE D’APPEL ICI.

Jusqu’à aujourd’hui, les oppressions que nous subissons en France en tant que femmes issues de l’immigration post-coloniale étaient, soit invisibilisées lorsqu’elles étaient institutionnelles, soit sur-visibilisées et instrumentalisées lorsqu’elles avaient lieu dans nos espaces (nos familles, nos quartiers, nos communautés, etc).

Ce double traitement des oppressions que nous subissons a créé pour nous un étau, qui nous a amenées à consacrer beaucoup de temps et d’énergie à éviter les pièges qui nous étaient tendus, notamment dans l’espace médiatique.

Ainsi nous avons passé plus de temps à lutter politiquement contre l’instrumentalisation de nos causes, qu’à lutter politiquement contre les oppressions spécifiques de classe, de genre et de race, que l’on subissait en tant que femmes non-blanches vivant en France.

Mais aujourd’hui, nous sommes à un tournant grâce au rapport de forces politique que nous avons réussi à imposer !

La lutte que l’on a menée contre l’instrumentalisation raciste et impérialiste de nos causes est pour nous un acquis politique central qui structure, et qui continuera à structurer, notre engagement et nos stratégies médiatiques et politiques.

Mais nous avons acquis la maturité politique pour affronter, de notre point de vue, et dans la perspective d’une libération totale du système d’oppressions de classe, de genre et de race, les questions que l’on prenait peu ou pas du tout en charge auparavant, et qui pourtant nous concernent directement.

Aujourd’hui, nous sommes en mesure d’imposer nos débats et nos propres termes du débat :

Comment définissons-nous les discriminations que nous subissons selon notre point de vue, selon nos propres histoires, nos références, nos vécus?
Quelles sont nos priorités en termes de lutte?
Quelles est notre stratégie d’organisation et d’action?

La journée que le Réseau Classe/Genre/Race propose le 10 mars a l’ambition de lancer cette nouvelle dynamique et de répondre à ces questions.

Cette journée sera l’occasion de capitaliser le travail en réseau entre militant-e-s, acteurs associatifs, acteurs institutionnels, élu-es et universitaires qui a eu lieu dans le cadre du Réseau Classe/Genre/Race.

Nous travaillerons très concrètement en ateliers sur des problématiques repérées au cours des formations, accompagnements, conférences etc que le Réseau Classe/Genre/Race a mis en place tout au long de ces dernières années.

Ainsi nous parlerons des discriminations que nous subissons dans tous les espaces sociaux où nous sommes, les discriminations à l’école, au travail, et par rapport à nos situations administratives lorsque nous sommes migrantes/immigrées.

Mais nous travaillerons aussi sur des problématiques très rarement abordées de notre point de vue spécifique : la santé mentale, les violences obstétricales, et la culture du viol et des violences intrafamiliales que subissent femmes et enfants dans le système français.

Il s’agira de faire un état des lieux de l’existant en matière de prise en charge de ces problématiques.

Mais il s’agira surtout de travailler à des pistes en termes d’organisation politique, pour lutter concrètement et localement contre toutes les oppressions que nous subissons.

Ainsi contribuerons-nous réellement aux luttes de libération !

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L’événement est organisé par le Réseau Classe Genre Race, page Facebook ici.

Article « Féminisme, luttes de l’immigration et quartiers populaires » de Fatima Ouassak ici.