Contre-futur 2
Workshop, radio-forum
Résidence de travail

Workshop-radio-forum fondé sur un travail collectif et transmis en direct par ∏node. Ce deuxième moment de Contre-futur sera dédié à la question de la subjectivation, de l’individuation qui mène à quelqu’un ou quelqu’une, au devenir-personne (laissons ouverts les champs lexicaux), dans son rapport à la technologie, l’expérience - esthétique, affective, pulsionnelle – qu’elle génère (ou refoule), et la politique.
C’est dangereux d’être quelqu’un.e
Subjectivation, technologie, politique
Contre-futur, 2
Organisé par Haud Gueguen, Emmanuel Moreira, et Frédéric Neyrat
1) L’un des objectifs sera de diagnostiquer le malaise dans la subjectivation lié à ce qui peut s’appeler l’épidémie de solitude, comme effet du néolibéralisme et des réseaux sociaux ; à la manière dont l’accélération de l’intrusion numérique par les IAs s’accompagne d’une technologie prédictive du soi (donc à une spoliation de la futurité) ; à la fascisation des sociétés et donc aux effets de dépression et aux défenses psychiques (constitution d’une « carapace » subjective par exemple), etc.
2) Mais il s’agira aussi, et surtout, de proposer autre chose qu’un diagnostic : les devenirs-sujets à venir ou potentiels, voir comment peut encore se projeter la psychè alors qu’abondent les images et récits de fin du monde ; comment la personne humaine peut trouver une forme de santé psychique en se réinventant dans des traditions (spirituelles, politiques, écologiques, cosmologiques) choisies, où l’humain n’est pas séparé de son dehors et de l’ensemble des autres qu’humains.
3) Plus spécifiquement, on pourra prêter attention à l’habitation numérique : si tout le réel, à l'heure des machine génératives, tend à devenir un glitch, c'est-à-dire une anomalie, habiter le glitch, est-ce se trouver pris.e au piège dans la machine ou la seule voie pour en sortir ? Une quelqu'un.e est-il possible dans le glitch ? Comment se négocie, subjectivement le rapport du « dedans » au « dehors » de l’empire machinique contemporain ?
Avec cette image que nous avons choisie pour titre : c’est dangereux d’être quelqu’un.e, surtout lorsque celle-ci s’oppose à la technologie imposée, la narration coloniale, l’assujettissement biologique ou culturel au sexe assigné. C’est dangereux d’être quelqu’un.e quand s’incarne un futur politiquement prohibé et que les pouvoirs s’abattent sur l’être-autrement à l’état naissant. Faudra-t-il réinventer de nouveaux « exercices spirituels », de nouveaux rites, de nouvelles manières de se rapporter à l’inconscient ? De nouveaux rapports à des traditions (politiques, spirituelles) ?
Réinventer une communauté ? Ou, telle serait l’urgence : un agencement autre entre un être-ensemble souterrain et celui qui lutte contre la loi publiquement en vigueur sous le soleil - entre l’infra-politique, le politique et le non-politique.
