Un potager bio-urbain

Un projet culturel, social et pédagogique

EAT est un projet culturel et social dont la Générale est le centre, l’articulation. Le Collectif Ensemble conduira et coordonnera le projet.
Le projet est avant tout une expérimentation apportant une expérience reproductible d’agriculture urbaine bienfaisante pour la ville.

Nous réaliserons sur le toit un jardin potager rayonnant pour le quartier autour de trois cycles de la création, l’Eau, l’Air, la Terre, ce sera le projet EAT.

ARDOISE

 

Un potager bio-urbain

Les 3 cycles forment une architecture qui accueille les conditions d’une production « bio-urbaine ».

COUPE PROJET-01-02

L’eau

La gestion de l’eau et la récupération des eaux pluviales ainsi que l’économie des eaux potables est un véritable enjeu pour nos villes. Un rap- port du Sénat présenté en mars 2003 fait état dans ses annexes de la qualité des eaux pluviales à Paris. Il en ressort que la pluie en ville est bien plus toxique après ruissellement, particulièrement dans sa concentration en métaux. Cela s’explique par les matériaux de toiture utilisés et l’importance de la surface des toits par rapport à la surface des circulations ou des cours intérieurs. Le rejet de ces eaux polluées dans le réseau urbain nous a questionné. Ce constat nous a donné l’idée d’utiliser le projet comme un « filtre » préalable, capable de détoxifier l’eau avant qu’elle ne reparte vers le réseau urbain. Un autre problème s’est alors posé, peut-on filtrer l’eau sans faire de bassins de décantation, ni mettre un bâtiment en surcharge et avoir une installation onéreuse ?

L’utilisation de diatomées pourrait être une solution à ce problème. Les diatomées sont des micro-algues qui peuvent proliférer dans une variété d’environnements, dans des eaux douces ou des eaux salées, et même dans des milieux toxiques ou extrêmes. Ces organismes unicellulaires et microscopiques de la famille des algues brunes sont à la base de la chaîne alimentaire grâce à leur capacité à fixer le CO2 et des molécules inorganiques tels que les métaux lourds ou le nitrate car elles effectuent la photosynthèse. En installant un système permettant de recueillir les eaux pluviales, nous serons en mesure d’évaluer les temps de détoxification et le cubage nécessaire pour notre installation. La détoxification sera faite par les diatomées car elle se nourrissent de nitrate et le transforment en composés organiques inoffensifs. Une première évaluation table sur un temps de consommation de 10 à 20 jours dans des conditions de culture optimales.

Le système que nous souhaitons mettre en place est constitué d’un assemblage de tubes transparents en PVC d’un diamètre de 9 cm. et d’environ 50 m. de longueur qui démarrerait au pied d’un bassin de recueillement des eaux pluviales. Ces tubes seraient montés sur des structures en bois qui serviraient en même temps de tuteurs pour les plantations. Chaque tube de ce circuit serait indépendant et contiendrait une concentration différente de diatomées. Cette variation de concentrations permettra de créer un effet coloré et dégradé du réseau qui servira aussi d’indicateur « d’âge » de la culture.

Si l’expérimentation des diatomées connaît un engouement à grande échelle, l’innovation de cette installation se caractérise par sa dimension domestique. La mise en place de cette station pilote permettra d’évaluer si des réseaux à petite échelle sont capables d’avoir une action de dépollution sur le recueillement de l’eau de pluie.

airstream-innovations.top L’Air

Pour protéger les cultures de la pollution de l’air et des pluies acides, nous utiliserons des serres gonflables, architecture alternative à la serre en verre. Cette bulle protectrice permettra aussi de récupérer les eaux de pluie à sa base par un système de chéneaux. Mais cette structure profitera aussi au bâtiment.

Au rez-de-chaussée, La Générale possède un grand volume, à la fois espace scénique, de distribution, d’exposition, etc. Chaque année, le chauffage de cet espace est devenu un enjeu vital pour la création qui s’y opère. Les différents systèmes mis en place ou imaginés sont tous confrontés au manque d’isolement du lieu et de la déperdition de cha- leur qui s’échappe par la façade et la gaine de désenfumage. Le cycle de l’air est né de l’idée d’associer la réflexion du chauffage du lieu avec le projet de mise en culture sur le toit, de récupérer l’air chaud montant et de le canaliser pour participer au gonflage des serres sur le toit. Le gonflage de la serre en journée pourra être alimenté par des panneaux solaires.

La Terre

La culture sur les toits est une question de poids. En effet, nombre de toitures ne peuvent supporter la charge de la pleine terre, il est nécessaire de pouvoir élaborer une culture hors sol. Nous utiliserons donc des supports de culture modulaire. Ils devront répondre aux contraintes de sécurité, d’étanchéité et de portance. Les modules les plus appropriés seront conçus en fonction des services attendus. L’unité modulaire sera basée sur la dimension d’une palette (80x120cm) pour faciliter son appropriation, son adaptabilité et sa réplique. Les modules se déclinent. Élément de base du système, les modules potagers de profondeur li- mitée favorisent les rotations des cultures. Ils s’inspirent du potager en carré. Adaptation du modèle précédent, les modules serre sont rehaussés par un châssis. Les modules fruitiers seront conçus en partenariat avec l’association Vergers Urbains (villecomestible.org). Ils associeront les différentes strates fruitières et seront placés en bordure du toit. Ils seront composés d’arbres de plein vent et palissés, et associés à des cultures de petits fruits (groseillers, framboisiers, cassis, mûres, fraisiers, vignes, etc.). Une structure verticale permettra d’intégrer les contraintes de sécurité tout en créant un support de culture. Les cultures dominantes seront combinées avec d’autres fonctions ou cultures associées. Fidèle à notre démarche, le substrat sera réalisé localement. Il s’agit de concevoir un substrat de culture à partir de déchets urbains locaux. Le toit puisera ses ressources dans un dispositif de compostage intégré et local, dimensionné pour les cultures mises en place (cultures intégrées sur toitures urbaines). Les partenaires de Toits vivants seront consul- tés pour évaluer le substrat le plus adapté. Les substrats seront dans un premier temps réalisés à partir de matières apportées de l’extérieur (terre végétale, branchages, compost), mais l’objectif de circuit court pousse à produire ces substrats sur place. À terme, l’objectif est donc de détourner une partie du flux de déchets organiques du site de manière à produire le compost nécessaire à la création des substrats. Nous associerons les écoles du quartier et les commerçants pour mettre en place une récolte des déchets organiques (coquilles d’œuf, épluchures de fruits et légumes, marc de café, etc.) utile à l’élaboration d’un com- post urbain. Nous avons identifié d’autres partenaires. La gestion des déchets ligneux de Paris est une vraie question. Trois divisions intra-muros se partagent ce service au sein de la Ville de Paris. La filière de recyclage directe avec la division Est pourrait être une démarche intéressante à mettre en œuvre, elle permettrait de limiter le stockage des déchets produits par les entreprises en marché avec la ville et réduire les trajets entre ces lieux de stockage et la déchetterie SYCTOM. Nous avons aussi identifié une scierie à proximité de la Générale. Les animaux pourront faire partie de cet écosystème, à travers l’apiculture, ou l’élevage (dans la limite de réglementations en vigueur). Le cycle de la terre sera ainsi très urbain.

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