Plastic Pilgrims

jeudi 19 février 2026 | 19h00

Docufiction, projection

Rencontres

xD SPACE présente Plastic Pilgrims, un docufiction qui retrace le parcours d’un téléphone d’occasion. 38 minutes. Sans sous-titres.

  • Jeudi 19 février, ouverture des portes à 19h, début de la projection à 19h30
  • Entrée libre réservée aux adhérent·es de l'association (adhésion à l'association à sur place ou en ligne à 1€ minimum). Accueil dans le patio de La Générale.
  • Buvette et restauration avant et après la séance.
  • À La Générale : 39, rue Gassendi, accès PMR

Volé puis revendu, il dévoile son itinéraire depuis Shenzhen, et plus précisément depuis le bâtiment Feiyang Times (connu dans le langage courant comme « l’immeuble des iPhones volés »). À travers ce voyage, le film soulève progressivement une série de questions sur les économies et les ontologies des technologies déployées à grande échelle, les déchets électroniques, et les architectures d’une connectivité accélérée.

Le téléphone volé est ici envisagé comme un « farceur civilisateur » désincarné : une figure quasi mythologique qui, tout en étant disruptive et chaotique, participe activement à l’édification des infrastructures et du tissu social, notamment par le dialogue qu’il instaure avec la protagoniste. Par sa voix désincarnée, il franchit les frontières et raconte, dans le langage des machines, ce dont il est témoin.

Le film suit différentes modalités de révélation à travers une galerie de personnages métafictionnels, d’une amie matérialiste et sceptique, à des philosophes de la technologie, des vloggers et un streamer évangéliste appelant à la destruction des machines qui pensent. Ensemble, ils évoluent dans un monde intermédia où chacun diffuse en permanence. Sur le plan formel, le film emploie une technique de « lensjacking », capturant et assemblant des images issues de caméras hors-champ : bodycams, appels vidéo enregistrés, images de surveillance publiées, lunettes connectées Meta Ray-Ban, iPhone et found footage.

AVEC : 

Amelia Moriarty et Gideon Jacobs

Avec la participation de : Marek Poliks & Roberto Alonso Trillo du Disintegrator Podcast et @astrojoke_archive

Écrit, réalisé et monté par : Ruba Al-Sweel

Recherche : Yidi Wang et @astrojoke_archive

SYNOPSIS : 

« Il existe de nombreux internets », proclament Marek et Roberto qui, dans cet univers, sont des vloggers sur Bilibili, prêcheurs d’une ontologie technologique qu’ils diffusent comme un évangile. Amelia Hope, la protagoniste, est convaincue que son téléphone lui parle mais sa meilleure amie, Screamgyal, fait partie de ces sceptiques désabusés, chronically online. De visio en visio, elle la met à l’épreuve, et leur amitié se joue à distance, à coups de doutes et de connexions instables. Fidèle au cliché du plaisantin désinvolte des films d’horreur, Screamgyal est la première à disparaître. Le téléphone, lui, s’exprime dans la langue étrange des machines. Il ne cherche qu’à raconter son histoire : comment il a été volé, puis revendu ; comment il a suivi une nouvelle Route de la soie ; comment son corps a été ouvert, démonté, recomposé à la manière d’un Frankenstein industriel. Il se souvient de l’air humide des usines, au goût de métal, et des tailleurs de pierre aux dos courbés, dont les empreintes digitales se dissolvaient au contact de sa surface de verre.

Ailleurs, astrojoke_archive est une vlogueuse chinoise. Dans un nouvel épisode de sa série consacrée au Shanzhai, elle défend l’idée que ce phénomène en pleine expansion est l’enfant bâtard d’une culture populaire locale et du capital global. Les faux téléphones « nokir » qui surgissent sur les trottoirs près des stations de métro ne sont pas de simples copies ratées : ils participent d’un véritable processus de design open source. Sur EschatonNet, le réseau de la fin des temps, le Père Bartholomew Mary est un streamer évangéliste populaire et passioné, diffusant ses sermons et répondant aux questions de ses fidèles. Dans un épisode, il appelle à jeter ces téléphones démoniaques au feu. Le téléphone finit alors par prendre possession de lui, capter l’attention de son public et livrer, enfin, son propre message.

BIOGRAPHIE

Ruba Al-Sweel est une artiste dont la pratique s’articule autour de l’écriture et de l’édition, nourrie par un intérêt pour la théorie des médias et les communications en réseau. Son travail a été publié dans plusieurs revues et ouvrages, notamment Brooklyn Rail, Art Asia Pacific, Do Not Research, DAZED et DAMN Magazine. Elle a également été commissaire d’expositions à Dubaï, Berlin, Paris, Djeddah et sur internet. Ruba est titulaire d’un master en médias et industries créatives de Sciences Po Paris.