Mehdi de 5 à 7 |#8| Être et sexuation | Le 14 septembre à 17 h.

Mehdi de 5 à 7|#8||Le 14 septembre à 17 h.

La Générale initie un cycle de conférence tous les seconds dimanches du mois. Mehdi Belhaj Kacem inaugure ce nouveau rendez-vous public.
Mehdi de 5 à 7 est un séminaire en forme d’abécédaire où l’auteur entreprend de présenter le coeur battant de sa pensée.

L’argument ?

Si la première tâche qui nous incombe est de défaire le nihilisme qui plombe l’Occident, alors il nous faut à cette fin en saisir les raisons métaphysiques : l’incapacité de la philosophie, de Platon jusqu’à Nietzsche, à penser véritablement le Mal.

On vous attend dimanche 14 septembre à 17H
Cette huitième édition sera consacrée à « Être et sexuation« . Invité exceptionnel: Nicolas Nelly
À l’issue de chaque séance la conversation se prolongera autour d’un verre dans une ambiance musicale assurée par Antoine Couder

Présentation : Philippe Nassif.

Les 7 précédentes séances ont été filmées et sont consultables ici. 

 

A propos de «  »Être et sexuation »: 

Par rapport à la construction de L’esprit du nihilisme, qu’expose, séance après séance, le séminaire de la générale, Être et sexuation est en position d’inclusion exclusive. Tout le reste du « système » est en quelque sorte clôturé, clair, définitif ; tandis qu’Être et sexuation, comme, toutes proportions gardées, la psychanalyse, propose un système en quelque sorte « ouvert », hétérogène, inachevable, virtuellement infini. Cela touche sans doute au sujet commun (à Être et sexuation et à la psychanalyse !) : la sexualité, sur laquelle, pour des raisons profondes, nul n’a jamais pu proposer quelque savoir « clos », exhaustif, que ce soit. D’un côté, on verra comme Être et sexuation communique avec le système exposé jusqu’ici dans les séances du séminaire, à travers par exemple les concepts de parodie, de mimèsis, de dépassement, de transgression, etc. ; de l’autre, on verra comme Être et sexuation constitue un chantier « à part entière », qui mériterait presque un séminaire à lui tout seul, différent de celui qui expose L’esprit du nihilisme.

Ajoutons que même si Être et sexuation était « prêt » depuis l’année 2009 au moins, l’auteur, à cause de la radicalité de la thèse qui y est avancée, en a retardé la publication. Précaution inutile : quelque « positive » qu’ait été la réception médiatique en termes d’audience, et relatif le succès de librairie, on y a surtout mis une sorte de point d’honneur inconscient à… ne jamais y parler de la thèse principale qui y est avancée ! Et qui propose une sorte de « lentille » conceptuelle entièrement révolutionnaire pour interroger l’océan notoirement mystérieux de la libido féminine, qui a horrifié le phallocentrisme philosophique depuis ses origines. Mais, autant cette thèse est facile à énoncer (désir et jouissance sont originairement une seule et même chose côté femme), autant elle est, non pas difficile, mais longue à expliciter –et donc à pleinement comprendre-. Il y faut une argumentation extrêmement fine et précise, puisant dans des registres de discours extrêmement divers, de la psychanalyse à la logique, de la sexologie brute à la religion, de la philosophie à l’archéologie.

Pour toutes ces raisons, la séance du 14 septembre sera spéciale, et peut-être prolongée par une autre (voire, pourquoi pas, par un second séminaire parallèle au premier, plus expérimental encore). Comme on le fait ponctuellement dans les séminaires de longue haleine, il y aura un invité spécial (un guest), Nicolas Nelly, qui y reprendra, modifiée, la conférence qu’il a donnée en mars 2013 à l’école normale supérieur d’Ulm lors du « colloque MBK » donné alors, et qui constitue une introduction à la fois percutante et fascinante de toutes les thématiques contenues dans Être et sexuation. Après quoi, lui et Mehdi discuteront, plus longuement que d’habitude, avec le public pour étayer la thèse avancée : la parole, ici comme souvent, est un agent pédagogique autre, et autrement décisif, que ne peut l’être l’écrit. Mehdi y parlera notamment du chemin frayé depuis, c’est-à-dire de sa lecture, entretemps, des comportementalistes, éthologues et sociobiologistes contemporains, et de la manière dont ces lectures étayent sa thèse, de même que celle-ci éclaire des questions que ces disciplines laissent sans réponse (précisément sur le « mystère » de la jouissance féminine). Il conclura, dans cette séance ou dans une autre, sur les conséquences qu’une telle révélation sur la question des sexuations a pour la philosophie en général.