Bourse de Travail Parallèle — 20 ans
Bourse d’échange, rencontres-discussions, exposition d’archives, appel à contribution ouvert
Rencontres

Le 21 octobre 2006, dans un local syndical de la CNT, une poignée de travailleur·euses, artistes et syndicalistes se réunissaient pour échanger des objets volés ou perruqués* sur leurs lieux de travail. Vingt ans plus tard, la Bourse de Travail Parallèle fête son anniversaire à La Générale les 20 et 22 novembre 2026. Plus d’informations : https://btpruk.wordpress.com
> Objets à apporter, commenter et échanger bienvenus !
> Quatre espaces vous seront proposés (détails ci-dessous) : Une bourse d’échange, des rencontres-discussions, une exposition d’archives et un appel à contribution ouvert.
- Entrée libre réservée aux adhérent·es de l'association (adhésion sur place ou en ligne à 1€ minimum).
- Buvette
- La Générale : 39, rue Gassendi, accès PMR
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Qu’est-ce que la Bourse de Travail Parallèle ?
La Bourse de Travail Parallèle documente et met en partage les pratiques de résistance ordinaire au travail : perruques, détournements, réappropriations du contexte et des moyens de production sur le lieu et pendant le temps de travail. Elle se situe à la croisée de l’action directe, de l’enquête participative et de l’auto-organisation — et invite chacun·e à socialiser et mutualiser ce qui résulte de ces pratiques : objets perruqués, enquêtes participatives, autoreprésentations, témoignages, archives de toute sorte. Constituer, à partir des moyens disponibles sur les lieux de travail, un butin de guerre et en organiser la redistribution entre pirates.
Pour cet anniversaire, quatre espaces vous seront proposés :
— Une bourse d’échange : venez avec un objet volé, perruqué ou détourné sur votre lieu de travail. L’occasion de le documenter, de raconter les conditions de sa production, et de l’échanger contre un autre objet issu d’un autre monde du travail et/ou de l’exposer. Chaque objet apporté sera documenté et intégré aux archives de la BTP.
— Des rencontres-discussions : des travailleur·euses, des chercheur·euses, historien·nes, sociologues, praticien·nes et théoricien·nes viendront débattre des déviances créatives au travail — le lien de subordination et ses formes de subversion, pratique de la perruque, enquête participative, autopatrimonialisation de la culture ouvrière — envisagées tant d’un point de vue théorique que pratique. Parmi les participant·es déjà confirmé·es : Parmi les participant·es déjà confirmé·es : Myriem Auger (sociologue et travailleuse sociale), Leszek Brogowski (théoricien de l’art auteur de En l’absence de bornes vasistas où il explore la perruque en situation « limite »), Robert Kosmann (historien-ouvrier, syndicaliste, perruqueur et auteur de Sorti d’usines), Danièle Linhart (sociologue du travail auteure de L’insoutenable subordination des salariés), Olivier Nourisson (pratiques de détournements et bricolages dans des lieux de soins en psychiatrie) et Pete Pesonen (historien finlandais de la perruque auteur de Histoire orale sur les perruques fabriquées par les ouvriers d’usine finlandais).
— Une exposition d’archives : vingt ans de collecte — objets perruqués, photographies, vidéos, documents de toute sorte — produits par des travailleur·euses de tous horizons, rassemblés au fil des enquêtes de la BTP.
— Un appel à contribution ouvert : la BTP n’a jamais prétendu représenter les mondes du travail de l’extérieur. Depuis 2006, elle invite les travailleur·euses à s’auto-représenter — à produire et partager eux·elles-mêmes des documents sur leurs conditions de travail : photographies, vidéos, sons, textes, objets détournés. L’enjeu est politique autant que méthodologique : faire en sorte que les parlé·es parlent, que celles et ceux dont on parle ordinairement deviennent maîtres·ses de la formulation de leurs propres expériences. Pour contribuer à la galerie d’autoreprésentations au travail, rendez-vous sur btpruk.wordpress.com – l’appel est permanent et toujours d’actualité
*Petit récapitulatif des principales règles et contraintes du jeu d’un travail en perruque : 1. Se trouver dans un contexte salarial : on pratique la perruque sur le lieu et pendant le temps de travail. 2. La perruque suppose que le travailleur – ou les travailleurs – ait accès aux moyens de production et qu’il se réapproprie les outils et matériaux disponibles. 3. Le but est de fabriquer ou transformer un objet, ce qui implique l’expression d’un « savoir-faire technique et professionnel ». En ce sens, il n’est pas toujours possible de faire de la perruque. 4. Produite en dehors de la production réglementaire de l’entreprise, la perruque peut faire l’objet d’une commande (elle n’est pas exclusivement un travail « pour soi », elle peut être commandée par ou pour d’autres : collègues, amis, membres de la famille, etc.), mais elle est non marchande. On ne paye pas la perruque ! 5. Enfin, il faut sortir de l’entreprise l’objet « produit en douce », ce qui implique la fauche.
Photo de l'article : Espace de documentation de la Bourse de Travail Parallèle, dans un local du syndicat du Nettoyage de la CNT, le 21 octobre 2006.