23 – 24 octobre / Révoltes, Acte 1 / Rencontre d’organisation et d’autodéfense féministe à destination des femmes cis & trans racisées

 
Révoltes, Acte 1,
Violences patriarcales, justice sociale, radicale, transformatrice
Se protéger, se défendre, se reconstruire et combattre!
Week-end rencontre d’organisation et d’autodéfense féministe à destination des femmes cis & trans racisées.
Premier d’une série sans fin annoncée.
Rencontres trimestrielles qui débutent en octobre à La Générale et qui auront lieu 3 à 4 fois par an.
 
Jauge limitée. Participation sur inscription pour les deux jours, après confirmation par email : collectifperspective@gmail.com
Merci de mentionner : votre nom et prénom, si vous faites partie d’un collectif, d’une association ou autre organisation. Quelles sont vos motivations et vos attentes pour ce week-end ? Savez-vous si vous préférerez amener votre repas ou bien commencer sur place (possibilité de repas végétarien ou autre) ?
 
Pour en savoir plus : https://collectifperspective.org/2021/09/30/revoltes-acte-1/
 
Si vous souhaitez contribuer à la cagnotte en ligne pour Révoltes – Acte 1, l’argent collecté permettra de financer un interprétariat en langue des signes en français (LSF), de contribuer à financer et soutenir l’association La Cantine des femmes battantes qui sera présente et cuisinera les repas pour les participantes, et répondre à tous les besoins logistiques qui rendront possible cette rencontre, et les suivantes
 
PROGRAMME :
 
Samedi 23 octobre :
  • 12h – 13h30 : Accueil et repas. 13h30, fermeture des portes
  • 13h30 – 15h30 : Prise de parole d’organisations et tribune libre
  • 15h30 -16h : Pause
  • 16h – 18h : Atelier « Construire et reconstruire. Comment soutenir victimes & survivantes de violences, et créer les conditions de possibilité de différentes formes de justice? », par Amélie Koulanda, fondatrice de Perspective.
  • 18h – 19h : Temps d’échange libre intérieur/extérieur
 
Dimanche 24 octobre :
  • 12h -13h30 : Accueil et repas. 13H30, fermeture des portes
  • 13h30 – 15h30 : Atelier « Justice pour tou.tes : violences en milieux militants », par Massica Rabahi, militante féministe et antiraciste, membre de Femmes en lutte 93 et créatrice de la page Instagram : payetonmilitantsexiste
  • 15H30-17H30 : Pause et temps d’échanges libres et de création en groupe en intérieur et extérieur
  • 17h30 – 19h : Restitution et clôture
 
 
A PROPOS :
 
Deux jours pour échanger et apprendre à construire des solidarités et des stratégies dans les organisations et entre organisations face aux violences patriarcales sexistes qui nous touchent et nous concernent dans toutes les sphères de la société.
Au terme de la cette première rencontre, des actions seront décidées comme la création de réunions mensuelles inter-organisations.
 
 
En tant que femmes noires et femmes racisées, nous sommes davantage à risque de connaître différentes formes de violences systémiques tout au long de notre vie, et d'être exposées à la violence patriarcale dans le cadre familial, scolaire, professionnel, étudiant, religieux, institutionnel, l'espace public, dans les mouvements dits de justice sociale, dans le couple pour celles qui ont des relations avec des hommes, toutes les relations interpersonnelles, ainsi que dans tout contexte social quelque soit la relation et quelque soit notre orientation sexuelle ou intime
Dans les milieux politico-militants, associatifs, les hommes violents sont omniprésents.
Ils constituent souvent un tissu solide dans les organisations antiracistes, de lutte contre les violences policières et trouvent également un terrain propice à leurs violences et manipulations en gravitant autour des organisations féministes, décoloniales, intersectionnelles, afroféministes, et les organisations de femmes.
Ils bénéficient, parfois depuis des années ou décennies d'une impunité sociale, communautaire, bien particulière, leur permettant l'absence de responsabilité, la récidive, et la construction d'un capital social au détriment des femmes maltraitées.
Impunité sociale rendue possible par la complicité passive ou active d'hommes comme de femmes.
Des femmes ont été et continuent d'être violentées, maltraitées, violées, abusées de différentes manières.
Et ce la plupart du temps, sans que nous puissions être entendues, reconnues, se défendre, être défendues, responsabiliser les hommes maltraitants et la communauté, se reconstruire et exiger les formes de justice qui nous correspondent.
Certaines sont mortes sous les coups, d'autres suicidées, ou poussées au suicide, traumatisées, détruites ou mises à l'écart, se sont retirées de gré ou de force et de lassitude.
Que cela soit su ou tu, les relations entre les différentes organisations antiracistes, féministes sont bien trop souvent déterminées, alimentées, orientées, construites ou détruites par des histoires de violences (psychologiques, physiques, sexuelles), ainsi que des conflits liés à des violences ou des processus d'isolement, de silenciation, et différents mécanismes entretenant l'omerta.
En construisant des actions par nous et pour nous et des liens solidaires et stratégiques, nous pouvons soutenir et défendre victimes & survivantes, quelles ne soient, que nous ne soyons plus traitées comme des questions subalternes, des "erreurs", des traitresses, ou des "dommages collatéraux".
Transmettre nos savoirs, faire de la prévention au sein et en dehors de nos communautés, lutter contre ces violences patriarcales : psychologiques, physiques, sexuelles, et leurs conséquences multiples associées à d'autres violences, économiques et ou institutionnelles.
Cette rencontre est un appel aux milieux politiques et militants féministes et antiracistes, pour que ces questions ne soient plus ignorées, considérées comme secondaires, optionnelles, reléguées à la marge.
Dans une majorité d'organisations, quelles que soient les causes défendues et les identités des personnes qui en font partie, la centralité politique face aux violences patriarcales est l'homme racisé, que cela soit reconnu ou implicite, conscient ou inconscient par défaut.
Nous ne pouvons pas accepter d'être condamnées à être coincées dans des étaux sans issue, impliquées dans des luttes où nous défendons nos frères, pères, conjoints, amis ou camarades, lutter pour toutes et tous confronté-e-s aux violences d'État, et ne pas lutter pour nous-mêmes face aux violences sexistes lorsqu'elles ont lieu en intra-communautaire, perpétrées par d'autres hommes racisés, et d'où qu'elles viennent visant les femmes racisées.
Ces rencontres ne visent pas pour autant uniquement les violences qui sévissent dans les milieux politico-militants et n'ont pas pour objectif d'œuvrer uniquement pour les militantes.
Tous les milieux dans lesquels nous évoluons sont concernés, il s'agit de pouvoir répondre aux violences qui nous touchent, affectent nos proches, nos communautés, nos environnements, d'apprendre du vécu et des pratiques individuelles et collectives des unes et des autres en centrant la parole et la réflexion des victimes et survivantes.
Ce sera un moment pour donner de la place et de l'espace à ces questions, ouvrir la voie vers de nouveaux possibles.
Un rendez-vous où des victimes et survivantes de violences qu'elles fassent parties ou non d'un collectif ou autre organisation seront les bienvenues si elles souhaitent faire entendre leurs voix, trouver une communauté et ou s'impliquer dans des activités et actions existantes ainsi que celles qui émergeront de ces rencontres.
Chaque trimestre, nous nous retrouveront avec celles qui le souhaitent, afin d'explorer les différentes formes de justice sociales, radicales, transformatrices, créatives, artistiques.
Se permettre de défier la culture de la violence comme norme acceptée et invariable.
Partager, (ré)inventer les moyens pour agir contre la normalisation des violences sexistes qui perpétuent la domination sur les femmes et filles, les enfants et adolescent-e-s, les minorités de genre, dans les luttes comme dans toute la société.
La position de Perspective. est abolitionniste contre tous les systèmes répressifs tels que la police, la prison et l'institution psychiatrique.
Il ne s'agit pas pour autant de répondre à un dogme par un autre et de privilégier des approches académiques ou purement théoriques éloignées de nos réalités.
Soutenir les victimes et survivantes quelles que soient les démarches et actions qu'elles entreprennent par choix ou contrainte et quelque soit la temporalité, devrait être pensé de façon responsable, en considération du peu d'options que nous avons dans la société telle qu'elle existe aujourd'hui, et dans la conscience de tout ce qui est à imaginer.
Comment répondre concrètement à des multiples situations de violences, quels savoirs-faire pouvons-nous déployer?
Que signifie la "reconstruction" et la justice pour les survivantes?
Quels peuvent être les engagements de la communauté, des organisations concernées à changer leur fonctionnement et mettre fin aux rouages qui facilitent les violences?
Comment rompre avec le poison familial et sociétal qui gratifie la culture de la violence et du silence?
Ce sont des questions et des invitations à agir ensemble qui seront au cœur des échanges de Révoltes - Acte 1.
Des initiatives venant des États-Unis - et d'ailleurs- de justice communautaire et transformatrice émergent depuis plusieurs années.
Nous pouvons construire les nôtres. Nous pouvons apprendre de leurs méthodes, tout en gardant un regard en mouvement et critique sur des initiatives parfois nocives ou dangereuses, qui ne considèrent pas pleinement les survivantes et le fonctionnement complexe des traumas liés aux différentes violences sociales que nous vivons, ou ne favorisant pas réellement des changements structurels pour prévenir les violences, briser leur cycles mais pouvant se révéler construites autour de la réhabilitation des hommes maltraitants, répondant parfois à des logiques claniques et des croyances trompeuses, psychophobes, sur les systèmes psychiques et sociaux concernant les violences.
Merci à celles qui luttent au quotidien, comme dans des organisations, contre les violences patriarcales et contre toutes les violences qui nous sont faites.
Merci à nous, survivantes, à celles qui ont le courage de parler, à celles qui ne le peuvent pas encore, celles qui ne le pourront peut-être jamais, à celles qui survivent et vivent, et à la mémoire et la dignité de celles qui ne sont plus là. 
 
 
OBJECTIFS :
 
 
  • Créer des systèmes d’entraide mutuelle pour les victimes & survivantes et les groupes et personnes aidantes.
  • Systématiser des modèles d’actions à initier face aux violences patriarcales sexistes, faire de la prévention face aux risques de récidive, élaborer un travail d’éducation et de transmission.
  • Développer des méthodes afin de protéger les victimes & survivantes, et les accompagner dans le respect de leurs volontés, leur condition socio-économique et psychique, leurs identités, et dans la compréhension des différentes temporalités des cycles de la violence et de ses conséquences traumatiques.
  • Apprendre à mettre en place un soutien psychologique et social individuel et ou collectif.
  • Penser des ateliers psycho-éducatifs afin de mieux comprendre les déterminismes et enjeux psychiques des violences, savoir accueillir la parole des victimes & survivantes.
  • Mobiliser des ressources diverses, définir des stratégies et organiser des ripostes et autres formes de justices sociales intracommunautaires et extracommunautaires.
  • Se révolter. Sortir des logiques de loi du silence et politiques de la silenciation, des rôles de femmes « sacrificielles » ou conformistes face à l’ordre patriarcal établi, et de l’idée de la toute puissance des hommes de nos communautés et des hommes qui maltraitent les femmes de nos communautés.
 
 
Des réponses à des questions que vous pouvez vous poser :
La rencontre est à destination des femmes noires et des femmes racisées, dans la volonté de créer différentes initiatives communautaires ainsi que d’apprendre de camarades militantes, de survivantes, et de construire des alliances solidaires et stratégiques.
Les violences patriarcales touchent bien évidemment également les relations entre femmes et entre hommes, les relations entre personnes queer, et sont à penser à l’intersection des violences étatiques et structurelles que nous subissons.
C’est un choix que Révoltes soit axée sur les violences patriarcales sexistes perpétrées par les hommes visant les femmes, cis et trans, quelque soit l’orientation sexuelle & intime et le type de relation, et le contexte social des violences.
Ces rencontres pourront permettre la mise en place de rencontres mensuelles inter-organisations, de différents projets pour différents groupes sociaux et ou militants, la création de nouveaux collectifs, associations, le renforcement de ceux et celles existants, le développement des moyens d’action et d’ancrer dans les pratiques respectives et ou communes des protocoles, et des engagements réguliers à identifier afin d’adresser les violences qui nous entourent et nous concernent.
L’acte 1 n’est pas destiné à être en présence de professionnelles de santé mentale, et ce notamment afin de respecter les relations et espaces thérapeutiques des participantes.
L’engagement de Perspective, dont le travail d’orientation psychologique et sociale, qui a existé pendant trois ans, de sensibilisation, et le réseau construit depuis 2017, permettra de faciliter des possibles futures collaborations avec des psys et autres thérapeutes pour les groupes et personnes qui le souhaiteraient.
 
LIENS :

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