29 janvier – 4 février / Séminaire Dérive in(ter)disciplinaire

L’exposition Dérive de Street Level Industries sera l’occasion d’explorer (à l’heure de l’apéro, autour d’une bonne soupe chaude) les diverses pistes qui pourraient sortir le capitalisme techno-consumériste du naufrage, et d’identifier d’éventuelles impasses et naïvetés, voire des impostures.

> Discussion, débats contradictoires, enregistrements à 19h entre le 29 janvier et le 4 février dans le cadre du séminaire in(ter)disciplinaire de La Générale ; programmation évolutive, flexible et en cours.

Mardi 30 janvier, à partir de 21h, discussion « Dérives de notre rapport au vivant » : les biotechs, les neurosciences peuvent-elles nous aider à négocier la catastrophe climatique, la grande extinction? Avec la participation de chercheuses en sciences du vivant et de penseur de la technique.

Samedi 3 février : Dans l’après-midi à 15h, enregistrement dans l’exposition sur la notion de « collectif », avec Naji El Khatib et Valentin Schaepelynck, en discussion sous la houlette de Béatrice Rettig (tous 3 philosophes), puis à 18h30, apéro puis intervention de Bahija Benkouka, représentante d’un collectif de sans-papiers.

Un début de liste – non limitative – de thèmes à discuter:

Des questions techniques :

Quel est le bilan d’une éolienne, d’un bus électrique Yutong (bus scolaires à Paris), d’une voiture de luxe Tesla, si l’on prend en compte dans leur globalité les extractions de terres rares, de lithium, et de charbon ou d’uranium ? Quel est le bilan de la viande de laboratoire (sans animaux) et du lait végan, produits des biotechs modernes? La génétique va-t-elle tenir ses promesses de dé-extinction (recréation d’un biodiversité artificielle) et d’adaptation des plantes au réchauffement climatique, de production de biocarburants ? Que penser lorsque la fondation Bill et Melinda Gates explique que c’est aux africains des zones impaludées de décider de la mise en œuvre du gene drive  (éradiquer des espèces entières de moustiques par des techniques de forçage génétique) ? Peut-on nourrir le XIème arrondissement avec des terrasses-jardin, des fermes urbaines et du vin naturel en circuit court ? L’agriculture en tant que colonisation de la nature est-elle le pêché initial (doit-on et peut-on revenir à une forêt nourricière)? Doit-on aussi envisager un épuisement général des ressources psychiques (zombification par les réseaux sociaux)?

Des questions politiques :

Réévaluer de manière critique l’héritage de Stewart Brand (pape du DIY devenu apôtre du nucléaire et des manipulations génétiques) et de Buckminster Fuller (visionnaire sur les questions écologiques et néanmoins tenant d’une optimisation calculante et positiviste). L’esprit hacker a-t-il été définitivement hacké par le mercantilisme? La science ouverte est-elle l’idiot utile de l’idéologie californienne? Faire le procès (équitable) d’Elon Musk, grand pourvoyeur de rêve. Peut-on sauver l’écologie et la critique du progrès technologique des leurs racines historiquement marquées à l’extrême droite (écoconservatisme Maurassien) ou ancrées dans la religion (Ellul, Illich, Rabhi, …) ?

Des questions prospectives :

L’insoutenable empreinte de l’homme va se réduire, qu’on le veuille ou non. Est-il crédible de réaliser cela de manière concertée, socialement acceptable, ou devons-nous nous résigner à la manière violente (guerre civile, nouveau moyen age),  à moins que la main invisible de la nature ne viennent réguler tout cela sans nous demander notre avis (épidémies, catastrophe climatiques, famines) ?

Des lectures :

Jean Baudrillard, Ursula Le Guin (Les dépossédés), Régis Messac (Quinzinzinzili, La cité des asphyxiés), …

Photo : Jean Baudrillard.