Tapis — le 31 août et 1er septembre

TAPIS
de Jean-Guillaume Gallais

Papier de soie, dimensions variables.

LE 31 AOÛT — de 11h à 22h
LE 1ER SEPTEMBRE — de 11h à 19h

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C’est un projet d’installation qui se veut furtif, portant sur le mouvement tant par sa forme plastique et physique que par la place qui est offerte au spectateur. C’est une œuvre du déplacement, d’un éphémère « cyclique », qui se déploie, se pose, se range et se réinstalle à un autre endroit…
Tapis se présente dans des espaces intérieurs où il côtoie et se confronte aux limites de l’architecture qu’il tend à estomper, à neutraliser. De cette contrainte apparaissent des zones de circulation, des périphéries.

Son installation est rapide, spontanée sans volonté de maîtriser l’espace. Il s’agit simplement de l’utiliser tel quel, d’y faire naître des possibles, une réserve de perceptions et sensations physiques. Comme un objet de pacotille, Tapis est une œuvre qui se joue de la séduction, prenant les atours de la sculpture pour ensuite les malmener et les prendre à rebours. Cette sculpture du « presque rien » est difficile à saisir, à comprendre, à identifier matériellement, jouant sur des ambivalences de gravité et de poids. D’un coup, elle se solidifie, se densifie puis après quelques pas, elle se dé- tend et s’abandonne créant chez le spectateur une série d’indices physiques déroutants.

Par son stockage et par la légèreté de sa mise en place, cette œuvre flirte avec son lieu d’exposition, nous échappe en « fichant le camp ». Elle s’inscrit dans un principe d’itinérance permettant par exemple sur une journée plusieurs installations dans différents lieux. Ce dispositif de parcours peut être retranscrit sous la forme d’une édition réalisé en temps réel, comme un journal.

Apporté dans l’espace et dégagé de son enveloppe de transport, Tapis est aussi simple à installer que l’objet domestique dont il emprunte le nom. En quelques instants par le déploiement des alvéoles, quelques ajustements et manipulations, l’œuvre envahit les espaces libres au sol, contournant les obstacles, s’étendant partout, laissant juste une bande étroite qui gène sans contraindre la circulation des personnes. Le visiteur prend place dans cette « zone libre ». Il est à la lisière, il frôle les bords, longe, s’éloigne, se rapproche, y bouge avec précaution.

Cette étendue inconnue s’apparente à un un champ, à un paysage où les perceptions se contredisent. Il est un second lieu physique d’expériences sourdes, de bascules entre le vouloir et le hasard, entre l’anodin et le dangereux.
L’œuvre révèle au fil du temps trois degrés d’appréhension et d’expériences : le déplacement effectif, la contemplation et l’étourdissement.

Par ces jeux d’ordre et de désordre, de caresse et d’évitement, Tapis est une machine à produire des prémices, des recherches de directions, des reprises d’équilibres, des gestes non-pensés, à peine perceptibles.
C’est une réserve pour une multitude de gestes à venir, un support dont le but est de produire de manière oblique du fragile.

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